La théorie de l’effeuillage de marguerites, ou la malédiction du second roman

« Un second roman, c’est piégeux ! »


J’étais en train de siroter une prune au bistro avec les copines lorsque Zylla a brusquement émis ce jugement aussi incompréhensible que sans appel. Faut dire qu’elle n’est pas née au village. Il paraît qu’elle vient des Carpates. C’est pour ça qu’on ne comprend pas toujours ce qu’elle dit, mais comme elle a peut-être des liens de famille avec Vlad l’Empaleur ou la comtesse Bathory, on évite  généralement de la contrarier.
« Ouais. Les éditeurs ont même un terme pour ça, ils appellent ça le ‘syndrome du second roman’ ! »
Comme Zylla a autrefois eu une aventure avec le libraire du village, nous les filles lui faisons aveuglément confiance en ce qui concerne le mystérieux monde de l’édition (ça et ses origines ancestrales).
Faut dire que, la prune aidant, j’étais en train de chouiner au sujet de mon second opus, « La recette de la brioche selon Marie-Antoinette » qui, après le succès de mon « Traité des confitures selon Nostradamus », traînait un peu la jambe. 
Parce que oui, il y a parfois un problème avec un second ouvrage quand le premier a eu du succès. C’est un phénomène connu dans les hautes sphères. Il y a plusieurs raisons à cela. Si vous aussi avez eu des soucis avec votre second ouvrage, ou si vous prévoyez d’en écrire un, voici quelques réflexions qui pourraient vous être utiles.

Dis-moi comment tu voyages…



Je te dirai comment tu écris.

Comment faut-il écrire une histoire ? Quel auteur peut se vanter de n’avoir pas eu à répondre à cette question ? Ne serait-ce qu’à lui-même. 

Faut-il avoir un plan complet de l’intrigue avant même de mettre cette première page blanche sur le rouleau de votre vieille Remington ? Faut-il démarrer par la fin et écrire à rebours ? Devez-vous faire des fiches de vos personnages afin de ne pas les oublier en route ? Faut-il errer au hasard en vous confiant à la Muse et ainsi vous surprendre vous-même à chaque nouveau rebondissement ?

C’est la question que je me posais alors que j’amenais Gaston, mon cochon, à la Foire Annuelle des Porcins dont, je crois, je vous ai parlé l’an dernier. Ou peut-être était-ce le printemps pompant sa sève dans ma vieille caboche. Toujours est-il que la question me taraudait pendant que je sirotais une petite prune à l’ombre de la buvette. 

Eh, bien, accrochez-vous à vos pelotes, je crois bien que j’ai finalement résolu cette énigme ! 

Les auteurs font-ils les pires cordonniers ?





Dans ce nouvel article, nous allons traiter d’un sujet qui n’a peut-être pas de rapport direct avec l’écriture mais qui pourrait s’avérer intéressant (à supposer que je parvienne à l’écrire jusqu’au bout sans céder à un excès d’alcool de prune) pour le jeune et fringuant auteur que vous êtes. 

J’étais hier soir au bistrot de la mère Annie où nous discutions tricot pendant que les hommes regardaient un match de foot en nous régalant d’expressions aussi crues que réjouissantes. Il faut dire que leur analyse d’un match, après la troisième bière, se résume à deux appréciations uniques et sans appel en ce qui concerne les joueurs ou l’arbitre : « pédé » ou « pas pédé ». À partir de là, je vous laisse imaginer l’infinie variation des échanges qui, dans l’ensemble, se résument à quelques expressions bien senties lancées à la cantonade tout en agitant son verre de mousse en direction de l’écran.

La malédiction de Frankenstein ou le rapport entre l’auteur et ses personnages.

Voilà un moment que je m’interroge sur la raison qui peut pousser certains auteurs à écrire inlassablement la même histoire, à quelques variations près, sur l’effet que cela peut avoir sur leur santé mentale et, surtout, sur le fait que cela ne semble pas repousser les lecteurs, bien au contraire.

Vaste programme, me direz-vous. Mais ça m’occupe la tête pendant les longues soirées d’hiver durant lesquelles je tricote au coin du feu. Commençons donc par une incursion dans le monde du paranormal et ce que j’appellerai la malédiction de Frankenstein. Oserez-vous m’y suivre ?

Le principe de la Joconde, ou la valeur thérapeutique des platitudes.

Je m’étonne parfois, en consultant les listes des meilleures ventes, de l’apparente vacuité de certains ouvrages et auteurs qui figurent en tête des classements et de l’hystérie collective que leur parution déclenche auprès des fans. Je ne suis pas votre grand-mère pédante qui va vous expliquer les vertus du Nouveau Roman, loin de là. J’aime tout autant un bon polar, un subtil roman d’espionnage ou une romance déchirante mais les livres qui comptent pour moi ont toujours été ceux qui m’ont permis d’ouvrir les yeux sur le monde qui m’entoure, sur les autres et sur moi-même. Je me souviens encore parfaitement, plus d’un demi-siècle plus tard, des émotions et de l’émerveillement qui ont émaillés certaines de ces lectures. C’est tout frais dans ma tête même si je n’ai plus ouvert ces livres depuis des décennies. J’aime sortir d’un livre avec une vision plus large, le sentiment d’avoir appris quelque chose, d’être en quelque sorte plus riche. Comme tous les arts, la littérature est pour moi une ouverture sur les univers du possible.

Pourtant, en voyant ce qui se vend en nombre astronomique dans les librairies, je me pose de sérieuses questions. Voir des titres aussi évocateurs que « Demain », « Ici et là », « Après », « Toi et moi » dominer les listes des meilleures ventes me donne parfois des envies de hurler aux loups. Je suis un peu particulière, je sais, mais quelque part je souffre pour les artistes et écrivains qui essaient de faire quelque chose de différent et qui hantent le bas du classement dans l’indifférence générale.

Je me posais donc cette question lorsqu’une jeune amie m’a fourni un élément de réponse qui me semble pertinent et que j’ai appelé, faute de mieux, le principe de la Joconde.

Les deux pièges qui vont pourrir vos dialogues

Comme je vous l’avais promis dans mon dernier billet, voici un petit article sur les dialogues.



Je ne me flatte pas d’être une spécialiste du sujet. Je n’ai pas fréquenté l’école au-delà du Certificat d’études et mes propres ouvrages tels « Des bienfaits du bicarbonate » ou « Les confitures selon Nostradamus » ne comportent pas une ligne de dialogue. Non. Mais je lis beaucoup. Et avec grand enthousiasme. Rien n’est plus horripilant pour une lectrice assidue que d’avoir mal aux yeux à cause de dialogues mal écrits.
Je vais donc aborder le sujet du point de vue du lecteur et les raisons pour lesquelles des dialogues maladroits peuvent être aussi soporifiques que mon sirop pour la toux.

Trois règles pour écrire un roman qui séduira les maisons d’édition


Tous les auteurs, même ceux qui ont déjà été édités, vous le diront : faire accepter son manuscrit par une maison d’édition relève de l’exploit. Quand on sait que les éditeurs reçoivent plus d’un demi-million de manuscrits non sollicités chaque année et qu’ils n’en sélectionnent qu’une centaine au mieux dans le tas, votre probabilité d’être publié est à peine meilleure que celle de gagner au loto. La faute, néanmoins, comme toutes les lettres de rejet vous le rappelleront, est la vôtre entièrement et s’exprimera en une phrase sans appel : votre roman n’entre pas dans la ligne éditoriale de la maison. Clair, net et précis. Vous êtes passé complètement à côté de la cible.

Existe-t-il un remède à cela ? Et bien, malgré tout ce qu’on a pu vous dire, la réponse est oui. Voyons ensemble comment un tel miracle est possible.